Cancérologie ORL
Santé Publique

Les cancers des VADS constituent un problème de santé publique dans la région Nord-Pas-De-Calais avec une incidence de 1460 nouveaux cas/an. De plus, l’incidence annuelle dans la métropole lilloise, pour 100 000 habitants, standardisée par rapport à la population mondiale, est chez l’homme de 46,5 contre 21,8 pour la France.

Les principaux facteurs de risque des cancers des VADS sont l’intoxication tabagique se combinant avec l’alcool comme cofacteur, le virus HPV (Human PapillomaVirus), principalement dans les localisations oropharyngées, l’immunodépression, les états précancéreux, l’exposition au soleil (lèvre). D’autres facteurs de risque professionnels sont identifiés (amiante, vapeurs d’acide sulfurique, chrome et arsenic). Certains éléments sont évoqués comme facteur de risque tels le mauvais état bucco-dentaire, certaines carences nutritionnelles, le cannabis, la chique de Bétel, la marijuana, le niveau socio-économique faible et une radiothérapie antérieure (10 ans de latence).

Le service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale de l’hôpital Huriez au CHRU de Lille est un centre de référence régional pour la prise en charge de ces tumeurs des VADS. Il s’agit d’un centre de recours pour avis consultatif ou traitement chirurgical spécialisé. L’ensemble de l’infrastructure logistique pour une thérapeutique multidisciplinaire (ORL, anesthésiste, infirmière et ASH, orthophoniste, kinésithérapeute, assistante sociale, diététicienne, tabacologue et addictologue, psychologue) permet une optimisation du traitement de cette pathologie. L’ensemble des partenariats entre services, au sein du CHRU, permet d’adapter la prise en charge aux tumeurs des zones frontières entre différentes spécialités (chirurgien reconstructeur, chirurgien digestif, chirurgien maxillo-facial, chirurgien-dentiste, radiologue interventionnel, gastro-entérologue, neurochirurgien, médecine du travail).

Les symptômes principaux à l’origine de la découverte d’un cancer des VADS sont :

  • Les difficultés ou les douleurs lors de l’alimentation,
  • la modification de la voix,
  • la difficulté à respirer,
  • la gêne dans la bouche ou la gorge,
  • la perte de poids,
  • les douleurs au niveau de la gorge ou dans une oreille,
  • l’apparition d’une boule au niveau du cou ou au niveau de la face,
  • le saignement de nez du même côté ou le nez bouché du même côté,
  • lors d’un auto-examen toute lésion inhabituelle prenant un aspect de bourgeon, constatée sur la lèvre ou dans la bouche, et qui saigne facilement.

Si ces symptômes perdurent plus de 3 semaines, il vous faudra consulter votre médecin traitant ou médecin spécialiste le plus précocement possible.

Réunion de Concertation Pluridisciplinaire

La proposition de traitement est faite lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire dédiée ou RCP qui se déroule au niveau de la consultation du service d’ORL.

Lors de cette réunion, le dossier est soit discuté en présence du patient ou en son absence. Cette réunion regroupe les différents intervenants en cancérologie des VADS (ORL, radiothérapeute, oncologue, radiologue, chirurgien reconstructeur, chirurgien-dentiste) mais également des étudiants en formation et des internes. Elle permet de proposer un protocole thérapeutique, selon les référentiels régionaux et adapté au patient, qui sera ensuite expliqué de façon détaillée lors d’une consultation dédiée avec la remise d’un plan personnalisé de soins (PPS).

Traitements

Trois modalités thérapeutiques principales sont utilisées dans le traitement des cancers des VADS. Il s’agit de la chirurgie, de la radiothérapie et/ou de la chimiothérapie. Le plus souvent ces différentes modalités thérapeutiques sont associées dans des protocoles thérapeutiques définis par des référentiels régionaux (mis à jour régulièrement).

La chirurgie concerne le traitement de la tumeur et des ganglions et peut parfois s’associer à une reconstruction par un lambeau (pris sur le patient). Elle nécessite une hospitalisation plus ou moins longue (2 à 21 jours en fonction de l’intervention) avec parfois des soins infirmiers spécifiques (canule de trachéotomie, sonde nasogastrique).

La radiothérapie est réalisée par un radiothérapeute dans un centre agréé, elle consiste à irradier la zone tumorale et les aires ganglionnaires. Ce traitement est réalisé en ambulatoire et dure entre 5 et 7 semaines. Elle peut être réalisée par voie externe (radiothérapie conventionnelle) ou par voie endocavitaire par implantation d’aiguilles radioactives sous anesthésie générale (curiethérapie).

La chimiothérapie est réalisée par un oncologue médical ou un onco-radiothérapeute dans un centre agréé, elle est le plus souvent associée à la radiothérapie. Elle nécessite une administration du produit par un dispositif central implanté (PAC) ou parfois par un cathéter périphérique.

Lèvre, bouche et pharynx

Les cancers de la lèvre, de la bouche et du pharynx (nasopharynx, oropharynx et hypopharynx) concernaient 11316 patients en France en 2012.

Ces organes jouent un rôle dans l’alimentation, la parole et la voix.

Le diagnostic se fait par la biopsie de la tumeur.

Le bilan comprendra un examen endoscopique et une ou plusieurs imageries ainsi que la

Source : Société canadienne du cancer

discussion du dossier en RCP pour la proposition de traitement.

La tumeur sera stadifiée selon la classification internationale TNM.

Les modalités thérapeutiques possibles de ces tumeurs sont :

  1. La chirurgie avec ou sans reconstruction
  2. La radiothérapie externe ou endocavitaire (curiethérapie)
  3. La chimiothérapie

Ces traitements sont le plus souvent associés en fonction des données sur le cancer et l’état général du patient.

Source : Société canadienne du cancer

Une préparation au traitement par des soins de support est le plus souvent nécessaire (douleurs, soins dentaires, nutrition, psychologue, prise en charge sociale, tabacologue ou addictologue, kinésithérapeute).

Ces traitements peuvent être marqués par des difficultés d’alimentation ou de parole pendant ou après les traitements.

L’orthophonie permettra d’améliorer ces troubles.

Larynx

Les cancers du larynx concernaient 3322 patients en France en 2012.

Le larynx constitue l’organe principal de la voix et de la respiration, il est un organe majeur dans la communication en société.

Le diagnostic se fait par la biopsie de la tumeur.

Le bilan comprendra un examen endoscopique et une ou plusieurs imageries ainsi que la discussion du dossier en RCP pour la proposition de traitement.

Source : Dr. Pierre Blot

La tumeur sera stadifiée selon la classification internationale TNM.

Les modalités thérapeutiques possibles de ces tumeurs sont :

  1. La chirurgie endoscopique (voies naturelles) ou par voie externe
  2. La radiothérapie
  3. La chimiothérapie (protocole de préservation d’organe)

Ces traitements sont le plus souvent associés en fonction des données sur le cancer et l’état général du patient.

Il est parfois possible en fonction du bilan de la tumeur de préserver le larynx en réalisant un protocole de chimiothérapie puis de réévaluer la réponse à ce traitement en RCP.

Ces traitements peuvent être marqués par des difficultés de parole (si sacrifice du larynx) ou d’alimentation pendant ou après les traitements.

L’orthophonie permettra d’améliorer ces troubles.

Glandes salivaires

Source : Georges Dolisi

Les cancers des glandes salivaires sont considérés comme des cancers rares.

Ils peuvent se manifester par une boule sous la mâchoire (glande sous- maxillaire ou sub-linguale), une boule dans le cou (ganglion) ou une boule en avant de l’oreille (parotide).

Ces glandes jouent un rôle dans la sécrétion de salive.

Le bilan comprendra un examen endoscopique et une ou plusieurs imageries ainsi que la discussion du dossier en RCP pour la proposition de traitement.

La tumeur sera stadifiée selon la classification internationale TNM.

Le diagnostic se fait par l’exploration chirurgicale de la tumeur.

Les modalités thérapeutiques possibles de ces tumeurs sont :

  • La chirurgie
  • La radiothérapie externe
  • La chimiothérapie

Ces traitements sont le plus souvent associés en fonction des données sur le cancer et l’état général du patient.

Nez et sinus

Source : Institut français de chirurgie du nez et des sinus

Les cancers atteignant le nez ou les sinus sont considérés comme des cancers rares.

Ils peuvent se manifester par un saignement de nez ou un nez bouché persistant du même côté. Il peut également être découvert sur une déformation ou des douleurs faciales, l’apparition d’une vision double.

Enfin les travailleurs ou anciens travailleurs du bois sont exposés au risque de développer un cancer du sinus éthmoïdal.

Le bilan comprendra un examen endoscopique et une ou plusieurs imageries ainsi que la discussion du dossier en RCP pour la proposition de traitement

Le diagnostic se fait par la biopsie de la tumeur.

La tumeur sera stadifiée selon la classification internationale TNM.

Les modalités thérapeutiques possibles de ces tumeurs sont :

  • La chirurgie
  • La radiothérapie externe
  • La chimiothérapie

Ces traitements sont le plus souvent associés en fonction des données sur le cancer et l’état général du patient.

Les séquelles de ces traitements sont souvent marquées par des troubles de l’odorat et un nez bouché chronique, améliorés en partie par des soins locaux.